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jeudi 5 juillet 2012

06/07 : Films rares et inédits à découvrir, perles à revoir - Zhou Xuan, Grace Chang, Chow Yun Fat et Jet Li


Dans l'ombre, l'Impératrice Douairière Ci Xi (Tang Ruoqing) gouverne d'une main de fer la Chine et réduit son jeune neveu, l'Empereur Kuang Hsu (Shu Shi) à l'état de pantin dont les faits et gestes sont épiés constamment par l'Eunuque Impérial Li Lianying, le "rapporteur". Dans la Cité Interdite, les partisans de la Guerre et les opposants disputent la prise de position sanction adéquate face à la menace nippone sur la Corée (protectorat chinois). La Chine perd la guerre contre le Japon et vit sous la présence occidentale de plus en plus envahissante. Le roi Kuang Hsu, soutenu par sa concubine 
Zhen (Zhou Xuan) tente secrètement de renverser l'ancien régime politique (les 100 jours de réforme) avec l'aide d'un groupe de réformateurs dont le maître Kang Youwei ayant pour mission de persuader le ministre Yuan Shikai à soulever une armée contre l'Impératrice Cixi et son bras droit Ronglu, ministre véreux . Hélas, Yuan trahit le jeune Empereur timoré. Le régime de la monarchie reste tenace à l'image de la Reine mère, qui sous l'influence des (vieux) Conservateurs du Palais, remonte sur le trône, emprisonne son neveu et condamne sa Concubine Chen...

La grande Zhou Xuan se révèle ici grande actrice et prouve qu'elle ne se limite pas au seul statut de chanteuse. La Judy Garland chinoise donne corps au personnage historique Chen Fei (Fei signifie Concubine). (…) Incontestablement un grand film historique efficace, concis, au rythme soutenu, grâce à l'art de la maîtrise du cinéaste connu de l'époque Zhu Zhilin.
A ne rater sous aucun prétexte. ***** Lire la suite de la critique de Chris Violet.
 
Zhou Xuan


Vendredi 6 juillet 2012, 21h30, Forum des images (1e)
Dimanche 8 juillet 2012, 16h30, Forum des images (1e)


The Wild, Wild Rose de Wong Tin-lam 
Une des perles du cinema de Hong Kong des années 60 par le père de Wong Jin, mentor de Johnnie To et Ringo Lam, Wong Tin Lam.

Une chanteuse à la séduction facile tente de prendre son nouveau pianiste dans ses filets.

Considéré comme un des fleurons de la compagnie Cathay (ex MP&GI), The Wild Wild Rose est aussi une véritable ode à la gloire de sa star : Grace Chang. L’actrice avait pourtant déjà eu d’autres occasions de montrer ce dont elle était capable (citons entres autres Mambo Girl) mais jamais a ce point ! Lire la suite de la critique par Arnaud Lanuque.


The Wild, Wild Rose


Coup de Cœur du HongKong Cinemagic









+  : The Seventh Heaven de Ng Wui, à 16h30 au Forum des images (1e)

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Voici le reste du programme du jour...

Les 3 Luxembourg (6e arrondissement)
14h : La Légende de Fong Sai-yuk (Legend of Fong Sai-yuk), Corey Yuen
16h : Le Syndicat du crime (A Better tomorrow), John Woo
18h30 : Le Syndicat du crime (A Better tomorrow), John Woo
21h15 : Le Syndicat du crime (A Better tomorrow), John Woo, Présenté par Olivier Assayas ***** A NE PAS RATER

Ho (Ti Lung), un chef de triade, décide de cesser son activité après une dernière affaire car son jeune frère Kit (Leslie Cheung) entre dans la police. Malheureusement, l'affaire tourne mal et Ho est arrêté…

Dire de A Better Tomorrow qu’il s’agit d’une date importante pour le cinéma de Hong Kong relève de l’euphémisme. Même si on parle davantage d’un avant et d’un après The Killer, c’est ce film qui a permis à John Woo de poser clairement les bases de son univers…***** Lire la suite dela critique par Léonard Aigoin. 

Le Syndicat du Crime

Coup de Cœur du HongKong Cinemagic






Fong Sai Yuk (Jet Li) participe à un tournoi d'arts martiaux dont le prix est la fille de Tiger Lei. Or la fille en question (Michelle Reis) s'est sauvée en apprenant les circonstances de son mariage. Quand Fong Sai Yuk voit le laideron qui la remplace, il fait exprès de perdre. Et lorsque sa mère (Josephine Siao) apprend cette défaite, elle décide de sauver l'honneur de son fils qui se trouve dans l'obligation d'épouser la jeune fille. Quand en plus les activités politiques de son père contrarient l'eunuque, il est clair que les aventures de Fong Sai Yuk ne font que commencer.

Malgré ces défauts, on ne boudera pas ce long-métrage, avec son casting fourni et un face à face grisant (Jet Li et Chiu Man Chuk). Malgré son air de Once Upon A Time In China du pauvre, Fong Sai Yuk reste un film populaire, habité par une véritable énergie communicative. **** Lire la suite de la critique par Ange Ripouteau.

Fong Sai Yuk (Jet Li)


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Et toujours la nouvelle vague au MK2 Bibliothèque (13e arrondissement)
14h : High Noon, Heiward Mak
15h : Just Like Weather, Allen Fong
16h30 : Ah Ying , Allen Fong ****
17h : Father and Son, Allen Fong ****
 

mardi 3 juillet 2012

Cantonais Vs Mandarin, l'éternel combat

La programmation de cette rétrospective permet de mettre en valeur l'étonnante dichotomie linguistique qui agite l'industrie cinématographique Hong Kongaise depuis sa naissance.

Quand Shanghai perdit définitivement son statut d'Hollywood de l'Est suite à la prise du pouvoir par les Maoïstes à la fin des années 40/début des années 50, ce fut logiquement Hong Kong qui reprit le flambeau. La transition se fit d'autant plus facilement que nombres d'artistes, techniciens et d'investisseurs Shanghaiais émigrèrent vers le port parfumé. Leur argent et leur savoir faire permit de donner un puissant coup de fouet à l'industrie locale. De nombreux studios éclorent. 

L'histoire spécifique de la Chine et le contexte locale firent qu'une division naturelle prit rapidement forme chez les compagnies de production*. Certains studios se spécialisèrent dans le tournage de films en mandarins, d'autres, produisirent des longs métrages en cantonais.

Dans la première catégorie, on trouve la célèbre Shaw Brothers mais aussi la moins connue Cathay (ex MP&GI). Dans la seconde, des studios comme l'Union Film ou la Kong Ngee
Tourner en mandarin était alors l'apanage des compagnies les plus puissantes. Grâce à cela, elles pouvaient commercialiser leurs films par delà les frontières de la colonie dans des marchés majeurs comme Taiwan. Les films cantonais avaient eux un potentiel d'export nettement plus limité. Hors de la ville, seules les communautés cantonaises d'Asie du Sud Est et des USA (San Francisco surtout) y avaient un intérêt.

Cette division linguistique aboutit logiquement à une division commerciale et thématique. Les films en mandarin cherchèrent à séduire un public aussi large que possible dont le seul dénominateur commun était d'être d'origine chinoise. Par conséquent, nombres de films en mandarin se situèrent dans la Chine ancienne, une Chine souvent fantasmée par rapport à la réalité historique. La Shaw Brothers se fit une spécialité de ce type de productions comme le démontre Empress Wu Tse Tien de Li Han Hsiang ou Martial Club de Lau Kar Leung. La Cathay, elle, marqua sa différence en produisant des films contemporains mais destinés à une classe moyenne émergente et plus occidentalisée comme on peut le voir à travers l'adaptation de Carmen, Wild Wild Rose réalisée par Wong Tin Lam.

Empress Wu Tse Tien


Les studios cantonais, eux, se spécialisèrent dans un public plus spécifiquement local et plus populaire (comprendre plus pauvre). D'où des thèmes souvent très conservateurs... Même chez les studios gauchistes. Disposant également de budgets plus limités (beaucoup de films étaient tournés en une semaine), ils privilégièrent logiquement les drames contemporains, moins chers à produire. In The Face of Demolition de Lee Tit, The Seventh Heaven de Ng Wui ou Parent's Hearts de Chun Kim en sont des bons exemples, tout en étant le haut du panier de ce type de productions.

Les choses auraient pu demeurer ainsi pendant longtemps mais un évènement changea la donne. En 1967, la télévision fit son apparition à Hong Kong. Le public jusqu'ici habitué des films cantonais abandonna rapidement son ancien loisir pour embrasser la petite lucarne et sa séduisante gratuité.
Le cinéma cantonais ne se rendit toutefois pas sans combattre. Une nouvelle génération de cinéaste apparut en son sein et déploya d'importants efforts pour en renouveler le contenu thématique et améliorer ses standards techniques. Les hommes à la pointe de cette tendance, ce furent les réalisateurs Chor Yuen et Patrick Lung. Story of a Discharged Prisoner et Teddy Girls, tous deux par Lung, furent assurément ce que le cinéma cantonais donna de meilleur à cette époque.

La lutte était malheureusement vaine et, malgré tous les efforts consentis, le cinéma cantonais expira définitivement au début des années 1970... La Cathay mourut durant la même période, laissant le champ libre à une Shaw Brothers soudainement toute puissante. Mais le studio de Run Run Shaw créa sa propre concurrence quand Raymond Chow, accompagné de bon nombre de réalisateurs, acteurs et techniciens, quitta la firme pour fonder sa firme, la Golden Harvest.
Ces luttes commerciales ne changèrent pas grand chose au monopole linguistique nouvellement établi. Shaw Brothers et Golden Harvest produisirent ainsi toutes deux leurs films en mandarin. Ce fut le cas des Bruce Lee comme La Fureur du Dragon contrairement à beaucoup d'idées reçues sur le sujet.   

L'instrument coupable de la mort du cinéma cantonais fut aussi celui responsable de sa résurrection. La télévision donna sa chance à de nombreux artistes locaux, leur permettant d'exercer leur talent dans leur langue maternelle à l'image de Patrick Tam et la série CID. La mise en place d'une politique gouvernementale de reconnaissance d'une identité Hong Kongaise suite aux insurrections de 1967 se conjugua pour renforcer l'envie chez les artistes de faire un cinéma propre, spécifiquement Hong Kongais dans ses thèmes et dans son expression. Un des premiers hommes à affirmer cette volonté sur les grands écrans de la colonie Britannique fut le comique Michael Hui avec des films comme The Private Eyes.

The Private Eyes


La nouvelle vague, apparue à la fin des années 70, enfonça définitivement le clou avec ses Man on the Brink et autres Story of Woo Viet. Le cantonais était redevenu "in" et ce fut au tour du mandarin d'être poussé vers la porte de sortie. La Shaw Brothers, studio majeur à avoir promu la langue **, l'abandonna définitivement durant la même période. S'ensuivit une longue période domination culturelle sans partage du cantonais sur le cinéma local.

La rétrocession à la Chine de 1997 changea toutefois à nouveau la donne. L'intégration des deux industries cinématographique et la censure propre à la Chine continentale recréèrent de facto la division à l’œuvre dans les années 50/60 : Le mandarin se retrouva de nouveau la langue des films en costumes de toutes sortes tandis que le cantonais récupérait sa spécialisation dans les films contemporains. Et pourtant, il suffirait que la censure se relâche pour que le mandarin s'impose à nouveau, recréant la situation du début des années 70...

A croire que ce conflit linguistique au sein de l'industrie cinématographique Hong Kongaise est l'histoire d'un éternel recommencement ! 

* Division qui s'était déjà naturellement faite avant guerre
** En dépit de quelques expérimentations ponctuelles du début des années 70, la firme (et surtout les réalisateurs cantonais de celle-ci) sentant le vent commencer à tourner

lundi 2 juillet 2012

03/07 Un autre jour au festival, d’autres projos de films de qualité

Quelques perles…

Forum des images (1e arrondissement)
16h30 : Our Sister Hedy, Doe Ching  ****
19h : Cold nights, Lee Sun-fung
21h30 : The Wild, Wild Rose, Wong Tin-lam  *****

The Wild, Wild Rose de Wong Tin-lam est une des perles du cinema de Hong Kong des années 60 par le père de Wong Jin, mentor de Johnnie To et Ringo Lam, Wong Tin Lam.

Une chanteuse à la séduction facile tente de prendre son nouveau pianiste dans ses filets.

Considéré comme un des fleurons de la compagnie Cathay (ex MP&GI), The Wild Wild Rose est aussi une véritable ode à la gloire de sa star : Grace Chang. L’actrice avait pourtant déjà eu d’autres occasions de montrer ce dont elle était capable (citons entres autres Mambo Girl) mais jamais a ce point ! Lire la suite de la critique par Arnaud Lanuque.

The Wild, Wild Rose de Wong Tin-lam

Coup de Cœur du HongKong Cinemagic



Les 3 Luxembourg (6e arrondissement)
14h : Accident, Soi Cheang
16h : Chungking Express, Wong Kar-wai
18h : Chungking Express, Wong Kar-wai
20h : Chungking Express, Wong Kar-wai, Présenté par Gérard Delorme
22h : Chungking Express, Wong Kar-wai  

MK2 Bibliothèque (13e arrondissement)
12h : Below the Lion Rock: The Boy From Vietnam, Ann Hui, Programme TV Ann Hui 1.
12h : Below the Lion Rock: The Bridge , Ann Hui, Programme TV Ann Hui 1.
14h : Drunken Master, Yuen Wo Ping
14h30 : Mauvais sang, Leos Carax
16h : Story of Woo Viet, Ann Hui  *****
18h : Full Alert, Ringo Lam
19h : Iron Monkey, Yuen Wo Ping, Présenté par le réalisateur
21h30 : A simple life, Ann Hui *****
21h45 : Long Arm of the Law, Johnny Mak *****


A début des années 1980, une bande de voleurs originaires de Chine franchit la frontière et s’introduit clandestinement à Hong Kong. Leur première opération de cambriolage se solde par un échec. Traqués par la police, les malfrats sont très vite sur la brèche. N’ayant plus rien à perdre, ils décident de tenter le tout pour le tout et transforme la ville en champ de bataille. L’équipée sanglante se termine dans la cité de Kowloon où les forces de l’ordre vont devoir affronter un véritable camp retranché.

Avec Long Arm Of The Law, Johnny Mak a réussi un coup de maître. Non content de ressaisir ce que la nouvelle vague avait fait du polar, il ouvre la voie du polar hongkongais moderne en inventant l'univers qu'exploiteront ses successeurs pendant plus d'une décennie. Mais en plus il réussit un film brillant et intelligent, une œuvre forte et fascinante. L'un des plus beau polar que le cinéma hongkongais nous ait offert. *****



Coup de Cœur du HongKong Cinemagic